Écran Total - Rencontre pour libérer nos métiers de l'informatique et de la gestion

Publié le par rageas93

Vous êtes invité-e les 4, 5 & 6 octobre 2013 à la Casa Poblano qui se trouve au 15 rue Lavoisier à Montreuil (métro Robespierre) pour participer à : un week-end réunissant des bergers, des travailleurs du livre, des travailleurs sociaux, des psychanalystes et psychiatres, des menuisiers, des médecins, des professeurs et instituteurs, etc., autour d'une réflexion commune : l’informatisation et la gestion dans nos métiers. 

Savez-vous que, depuis 2010, les éleveurs de chèvres et de brebis sont tenus de fixer des puces électroniques aux oreilles de leurs bêtes? Certains s’insurgent contre cette mesure qui renforce le pouvoir de l’administration et du marché sur leur travail. Risquant de lourdes pénalités financières, ils ont diffusé des déclarations publiques affirmant leur refus de pucer leurs bêtes et de gérer leur troupeau par ordinateur comme un flux de matière première.

Savez-vous qu’en 2012, des personnes travaillant dans différents secteurs des métiers du livre se sont réunies pour écrire «
l’Appel des 451», dénonçant, entre autres, la concentration des capitaux et la déferlante technologique que subissent le livre et ses métiers? Derrière le bluff du «livre numérique» se cache la réduction des langages et des expressions libres. Le collectif des 451 continue de se battre pour que le livre et ses métiers demeurent un lien, une rencontre, un objet social, politique et poétique, entouré d’humains.

Savez-vous qu’en 2011, un groupe d’assistantes sociales de Seine-Saint-Denis a dénoncé publiquement le fichage tous azimuts des personnes s’adressant aux services sociaux et le recueil déchaîné de statistiques et de données personnelles
? L’administration veut faire entrer dans leur travail des démarches de rationalisation du temps, de l’écoute, des dossiers et des coûts. A travers le boycott des statistiques, elles défendent le fondement même dutravail social: la relation d’aide, inestimable et non mesurable.

Savez-vous qu’en 2011, des médecins-psychiatres se sont opposés au Rimp (Recueil d’informations médicalisées en psychiatrie), qui implique l’enregistrement informatique de données personnelles concernant la vie privée des patients soignés
? Ces médecins isolés ont soutenu leurs patients afin qu’ils puissent exprimer par écrit leur consentement ou leur refus de divulguer ce type d’informations.


Savez-vous que depuis 2006, des enseignants du premier degré et des parents d’élèves s’opposent à la collecte centralisée systématique de données nominatives concernant les enfants via le Répertoire national identifiants élèves (ex-Base élèves)
? Ils soutiennent les directrices et directeurs d’école qui, malgré les pressions et les sanctions exercées par leur hiérarchie refusent de remplir ce fichier. Par extension, des professeurs du secondaire remettent en cause la place grandissante du numérique dans les établissements scolaires, que ce soit dans les pratiques d’enseignement (ordinateur, tableau interactif, tablette tactile) ou dans la gestion administrative (cahier de textes numérique, fichiers à données multiples mis en ligne)? Ils y voient l’aboutissement de la transformation de l’école en un lieu où les élèves sont mis en conformité avec les exigences de l’économie: travail et divertissement assistés par ordinateurs.


 Si tous les trésors du monde étaient déposés à mes pieds, et s'il m'était donné de choisir entre eux et ma liberté, je choisirais ma liberté. L’Émir Abdelkader


Conviviale est la société où l'homme contrôle l'outil.  Ivan Illich


La liste est longue de celles et ceux qui récusent l’influence de l’informatique sur leurs pratiques socioprofessionnelles
: un groupe d’éleveurs par ci, une poignée de soignants par là, un enseignant ici. Les refus de pucer des bêtes, de participer à l’enregistrement informatique de l’intimité des personnes, ou de donner une forme numérique à un livre, peuvent apparaître éloignés les uns des autres. Ils renvoient pourtant à une même logique de déploiement de l’informatique, à des fins gestionnaires, qui touche de nombreux métiers.


Cette logique réduit les marges de manœuvre, sape les poches de dignité que beaucoup d’hommes et de femmes tentent de préserver au quotidien, en ville comme à la campagne. Elle contraint à nous auto-évaluer, à prouver notre utilité et à normaliser nos savoir-faire et nos relations aux personnes comme aux bêtes que nous écoutons, soignons et rencontrons.


Il est difficile d’aller à contre courant de l’informatisation quand elle est sans cesse présentée comme source de progrès, d’efficacité, de rapidité et d’équité. Et pourtant nous la soumettrons à la critique parce qu’elle transforme nos métiers et les relations que nous y tissons
; ces métiers que nous avons choisis d’exercer parce que nous y trouvons du sens.


Nous préférons ouvrir en commun la question du «
comment faire sans», et imaginer un retour à l’éthique, à la protection de l’intime et de notre dignité. Asseyons-nous autour d’une même table pour parler de nos pratiques et de nos savoir-faire, de nos recettes et de nos espérances. Regroupons nos livres, nos bêtes, nos patients, nos familles autour du foyer.


À terme, une question en forme de désir
: Comment pouvons-nous nous unir pour refuser les incessantes compromissions qu’on nous demande de faire avec l’informatique?

Nos métiers… à tisser


Nous préparons, de manière collective avec les personnes qui se manifestent au fur et à mesure, un week-end d’échange afin d’approfondir les points communs apparents entre nos métiers et d’élaborer des stratégies d’appui mutuel entre
ces différents groupes ou personnes.


Les rencontres débuteront le vendredi soir avec un accueil convivial des participants, histoire de mieux nous connaître. Une première discussion aura lieu sur la base des écrits respectifs de chacun, qui auront circulé les mois précédents. Le samedi après-midi, une rencontre publique se tiendra avec des récits de luttes sous forme orale ou théâtrale, pour ensuite discuter tous ensemble. Le dimanche, on discutera entre autres des modalités d’une solidarité entre les différents participants.


Les premiers signataires de cet appel sont : Faut pas pucer et d’autres éleveurs réfractaires au puçage, le collectif des assistantes sociales et secrétaires de Seine-Saint-Denis, le groupe des 451 pour les métiers du livre, des médecins-psychiatres opposés au fichage des patients, la branche roannaise du syndicat des travailleurs de l’éducation de la Loire.

Contact : ecrantotal@riseup.net


Rendez-vous les
4, 5 & 6 octobre 2013 à la Casa Poblano, située
15, rue Lavoisier à Montreuil (Métro Robespierre)

 

Un programme plus détaillé sera diffusé en septembre



 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article