Lettre lue par 4 AS le jour du bilan

Lettre adressée au VP du CG le 31 mai 2010

 

Confrontés à la précarisation croissante de la population et aux difficultés du personnel du Conseil Général, force est de constater que nos conditions de travail se dégradent de plus en plus.

 

La création de postes qui aurait dû accompagner la mise en place des 35 heures n’a pas été réalisée.

L’état de sous-effectif ancien, alors que les problématiques sociales rencontrées par les usagers s ‘aggravent constamment, participe au turn-over dans les équipes avec son corollaire de postes qui restent vacants trop longtemps.

Dans ce contexte déplorable, nous constatons l’impossibilité pour les équipes d’être à effectif complet.

 

Différentes circonscriptions ont fait état, depuis plusieurs mois voire années de la dégradation des conditions de travail. Le service social du personnel n’est pas épargné » par cet état.

La surcharge de travail a pour conséquence le surmenage, la fatigue et les arrêts de travail récurrents des assistants sociaux et des secrétaires (arrêts maladie, accidents du travail).

 

Compte tenu du nombre de familles que nous avons à suivre et de la complexité des situations, il devient impossible :

 

-         De proposer tous les rendez-vous nécessaires (délais et disponibilité)

-         D’accomplir, dans un délai cohérent, l’ensemble des tâches qu’elles requièrent alors que nous devons dans le même temps faire face aux contraintes impératives et/ou immédiates : urgences alimentaires, ruptures d’hébergement, violences conjugales, signalements, échéances de commissions…

 

 

A cela s’ajoute le désengagement progressif des partenaires sociaux et des services. Pour exemple :

-         Le service prestations de la CAF ne répond qu’épisodiquement aux sollicitations. Le traitement des dossiers représente plusieurs mois d’attente, les amenant à adresser de façon systématique les familles aux services

-         Le traitement des dossiers par la Sécurité Sociale requiert les mêmes délais avec les mêmes conséquences sur l’activité des assistants sociaux

-         Les ruptures d’hébergement s’intensifient et les moyens dont nous disposons sont quasi-inexistants, générant alors des situations d’angoisse et de détresse

 

Enfin, la multiplication des dispositifs alourdie considérablement notre activité. Suite au transfert des compétences de l’Etat vers les Collectivités Territoriales, de nouvelles missions nous incombent désormais, ce qui accentue davantage tâches administratives du travail social au détriment de ses fondamentaux.

  

Aujourd’hui, nous ne sommes plus en capacité d’assurer correctement les missions qui nous sont demandées et qui impliquent notamment disponibilité, mise à jour de nos connaissances par la formation continue, création, mise en place et maintien des projets collectifs.

 

Nous sommes donc inquiets quant au sens donné au travail social. Celui-ci ne peut se résumer à de l’accueil, de l’information et à l’application de multiples dispositifs. Il doit viser à l’autonomie des personnes via un accompagnement social global de qualité.

 

Par ailleurs, l’indépendance qui incombe au travailleur social est mis à mal car il nous est demandé aujourd’hui d’être de simples exécutants dont les actes sont contrôlés et remis en question.

 

Nous sommes également inquiets du devenir de la filière socio-éducative victime d’une non-reconnaissancee statutaire et de la tendance de notre collectivité à compenser cette faiblesse des rémunérations en recrutant des attachés par promotion ou concours sur les postes de responsables de circonscription.

Notre activité doit être encadrée par une hiérarchie issue du travail social qui nécessite des compétences techniques spécifiques à nos pratiques. Il nous est en effet indispensable de bénéficier :

-         d’un soutien technique de qualité à la hauteur de nos missions.

-         d’un climat de confiance et de respect mutuel

-         du respect des valeurs et de la déontologie en travail social

  

Les réponses apportées aux services sociaux par la Direction Générale semblent être toujours les mêmes :

-         Un travail sur l’accueil afin de ré-organiser les services (désectorisation, transformation d’un poste d’assistant social de secteur en poste d’assistant social d’accueil…) qui ne fait que masquer le manque criant d’effectifs

-         Une fermeture ponctuelle de certaines circonscriptions ne nous permet pas d’assurer la continuité du service public

-         Un renfort du secrétariat, resté sporadique et insuffisant : ce saupoudrage n’est guère satisfaisant d’autant plus que les renforts ne bénéficient pas d’un temps d’adaptation et doivent être immédiatement opérationnels

-         Le redéploiement n’est pas non plus une réponse à notre demande de création de postes

 

Nous exigeons par conséquent :

 

-         Le respect des objectifs de notre profession par un temps de réflexion mensuel partagé dans un contexte non hiérarchique (en référence à l’article 24 du code de l’Anas).

-         Les créations de postes d’assistants sociaux polyvalents et spécialisés ainsi que de secrétaires dans le cadre des 35 heures et en considérant l’augmentation de la population du territoire de la Seine Saint Denis et de la transformation de ses problématiques.

-         L’intervention du Conseil Général auprès des divers services du Conseil Général (tels que le SDAF) et des organismes (CAF, CPAM…) qui resserrent leur champ d’intervention.

-         La mise en place de groupe d’analyse de pratiques professionnelles et de supervision par des intervenants extérieurs.

-         La préservation du CLICOSS. En effet, depuis le départ de la responsable, aucun appel à candidatures n’a été lancé. De plus, l’agenda du CLICOSS n’offre l’accès qu’à des formations extérieures qui n’ont plus rien à voir avec les conférences-débats organisées précédemment et qui permettaient aux professionnels de se retrouver autour d’une thématique particulière.

-         Les moyens en matériel et financiers nécessaires au bon fonctionnement des services (ISM, SERAC…)

 

Nous avons adressé cette lettre au Vice-président du conseil général le 31 mai dernier.

A deux reprises, nous avons formé une délégation et avons été reçu par le directeur général adjoint.

Le temps de réflexion mensuel pour les assistants sociaux, sans hiérarchie, que nous réclamons depuis plus d’un an semble enfin acquis, un prochain rendez-vous est fixé pour déterminer les modalités de mise en œuvre de ces réunions.

Nous vous demandons d’entendre l’ensemble de nos revendications dont celles de la création de postes.

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