Grève du service social départemental le 15 novembre : nos revendications

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Lettre ouverte au

Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis

 

 

« Confrontés à la précarisation croissante de la population et aux difficultés du personnel du Conseil général, force est de constater que nos conditions de travail se dégradent de plus en plus.

La création de postes qui aurait dû accompagner la mise en place des 35 heures n’a pas été réalisée.

L’état de sous-effectif ancien, alors que les problématiques sociales rencontrées par les usagers s’aggravent constamment, participe au turn-over dans les équipes avec son corollaire de postes qui restent vacants trop longtemps.

Dans ce contexte déplorable, nous constatons l’impossibilité pour les équipes d’être à effectif complet.

Différentes circonscriptions ont fait état, depuis plusieurs mois voire années de la dégradation des conditions de travail. Le service social du personnel n’est pas épargné  par cet état.

La surcharge de travail a pour conséquence le surmenage, la fatigue et les arrêts de travail récurrents des assistants sociaux et des secrétaires (arrêts maladie, accidents du travail).

(…) nous ne sommes plus en capacité d’assurer correctement les missions qui nous sont demandées et qui impliquent notamment disponibilité, mise à jour de nos connaissances par la formation continue, création, mise en place et maintien des projets collectifs.

Nous sommes donc inquiets quant au sens donné au travail social. Celui-ci ne peut se résumer à de l’accueil, de l’information et à l’application de multiples dispositifs. Il doit viser à l’autonomie des personnes via un accompagnement social global de qualité. »

Extrait d’un courrier adressé au Vice-président du Conseil général le 31 mai 2010.

 

A l’époque, nous alertions également les élus du désengagement d'organismes comme la CAF et la sécurité sociale ; ce qui s'accentue avec Pôle emploi et plus récemment encore avec le 115.

 

Suite à une grève du service social et de l’ASE le 27 janvier 2011, réunissant plus de 350 agents sur le parvis de la Préfecture, la direction générale nous a proposé un calendrier de rencontres pour aborder différents points (moyens humains et matériels, statistiques, informatisation…).

Un an et demi après, nous constatons que la direction générale n’a respecté aucun de ses engagements, à l’exception des agendas sociaux !

Même le questionnaire qui devait être élaboré et adressé aux circonscriptions de service social pour connaître leurs besoins n’a pas été fait !

 

Nos revendications n’ont pas changé, elles ont même évolué :

 

· Création de postes d’assistantes sociales, de secrétaires et de conseillères en économie sociale et familiale, de psychologues, compensation des temps partiels et remplacement systématique des congés maladie, maternité…

· « Réanimation » du CLICOSS qui n'est plus d'actualité car il est décédé. Il faut le ressusciter!

· Réabondement des divers dispositifs (ASE, FAG, FSL…)

· Arrêt des compléments d'information abusifs, de la remise en cause régulière des évaluations sociales, de l'infantilisation systématique : tous les écrits sont relus sans distinction. On est passé du tutorat à la tutelle. Même les courriers arrivés sont visés par les responsables. Les savoirs sont remis en cause. Où est la confiance?

  · Mise en place de groupes d’analyses des pratiques professionnelles.

· Application de la loi de réquisition de 1998 pour laquelle nous vous demandons d’interpeller le Préfet.

· Ré-interpellation des différents partenaires (CAF, CPAM, 115…).

· Négociation sur les objectifs et le contenu des données recueillies sur les usagers et les statistiques, impliquant l’ensemble des agents du Service Social Départemental.

 

Concernant les grilles de statistiques, un groupe de travail vient de se mettre en place dans lequel 9 assistantes sociales seront conviées (soit 2.7% des AS, sans compter les CSS conventionnées). Rappelons que nous sommes passé-e-s d'un bilan d'activité qui reflétait le travail réel des équipes à un rapport purement statistique dans lequel il est uniquement demandé de cocher des cases. Les équipes seraient-elles devenues inaptes à produire un bilan de qualité concernant leur travail?

 

Alors que les assistantes sociales rendaient compte de leur travail, l’administration leur demande maintenant de rendre des comptes, d’être comptables des deniers publics. Et on les culpabilise lorsque les gestionnaires considèrent qu’elles font dépenser trop d’argent au Département. L’interprétariat en est un exemple frappant. 

 

Plusieurs équipes vous ont interpellé sur leurs difficultés et leurs souffrances liées au travail. La réorganisation forcée en deux pôles « accueil » et « accompagnement » pour masquer le manque de moyens, l'intervention du préventeur en risques psycho-sociaux qui ne débouche sur rien de concret, la psychologisation des situations individuelle sont inacceptables.

La santé au travail est de la responsabilité de l'employeur. Or, nous constatons depuis plusieurs années l'absence des convocations annuelles pour les agents à la visite médicale.

Allons-nous passer de la médecine préventive à la médecine médico-légale?

 

Alors après le mépris, l’infantilisation et la culpabilisation…la reconnaissance (BAC + 3), le respect et le changement, c’est pour quand ?

 

Dans notre département, les conditions de travail des agents et d'accueil des usagers se sont dégradées au point qu'aujourd'hui les circonscriptions de service social sont incapables d'assurer les missions qui leur sont dévolues.

Des suppressions de postes, dit « redéploiements », sont annoncées, laissant les équipes concernées dans l’expectative (Neuilly-sur-Marne, Stains, Livry-Gargan, Bondy, Pavillons...).

Les logiques administratives et budgétaires ont pris le pas sur le respect de l'usager et de ses besoins.

 

Attaché-e-s à un service public de qualité, les agents refusent de rendre un service a minima.

Leur éthique exige des conditions de travail respectueuses des personnes qu’ils reçoivent, ce qui n'est possible que si vous leur en donnez les moyens.

 

Sur l’ensemble de ces questions, nous vous demandons de nous recevoir personnellement avec la volonté de négocier réellement et de trouver des solutions.

 

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations.

 

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