EDF, GDF et la CAF même combat: embrouiller, persister et ne jamais se remettre en cause.

Publié le par rageas93

Aujourd'hui, un monsieur de 52 ans père de famille. Il est en arrêt maladie depuis 1 an et demi et perçoit 610 €/mois d'indemnités journalières versées par la CPAM. Petite précision: son arrêt maladie est en lien direct avec son emploi et le problème de santé n'a pas été reconnu en maladie professionnelle.

Heureusement, son épouse a aussi des ressources qui leur permettent juste de régler leurs charges courantes: loyer, énergie ...et les besoins de leurs 3 enfants.

 

Monsieur me dit "je crois que je suis en train de devenir fou".

En cause, un indu (une dette) de 538€ correspondant à 6 mois d'Aide Personnalisée au Logement auprès de la CAF  et donc une APL suspendue depuis juin 2012. Impossible de joindre l'interlocuteur de la CAF. Nous vérifierons les ressources prises en compte car celles-ci récupérées directement par la CAF auprès du centre des impôts, ne devraient souffrir d'aucune erreur car rien n'échappe à la mise en réseau informatique ! La famille a fait sa déclaration de revenu et la CAF a calculé ses droits à partir de cela. S'il y a erreur, elle vient de la CAF. Faire admettre ses erreurs à la CAF relève du défi . Nous ferons un recours pour tenter de suspendre les remboursements qui ont déjà commencé avant même que la famille  ne reçoive sa notification de créance.

 

Monsieur me répète "vous allez voir il y a de quoi devenir fou c'est pas fini".

Un compteur électrique équipé de l'horloge "heure creuse, heure pleine" mais le disque "heures creuses" ne tourne pas. Monsieur signale le problème à EDF et demande le déplacement d'un technicien facturé 99€. En 2011, changement de compteur avec un nouveau numéro de compteur. Il sort toutes ses factures depuis 2011. Pendant près d'un an, tout va bien: les factures intermédiaires basées sur l'estimation des consommations semblent correspondre à la consommation d'électricité que la famille a toujours eu. En janvier 2012, une facture basée sur le relevé du compteur fait apparaître un remboursement de 110€  en faveur de la famille. Trop beau pour durer ?

6 mois après en juillet 2012, nouveau relevé des compteurs: 253€ à payer par la famille et un index (relevé du compteur) jamais vu jusque là. Monsieur contacte EDF car il ne comprend pas mais devant les explications, il paie sa facture.

Attention ce n'est pas fini !

Septembre 2012, nouvelle facture de 656€ mais cette fois-ci basée sur une estimation de la consommation.

Monsieur au bord de la crise de nerf recontacte EDF et communique lui-même son index : facture de régularisation transmise quelques jours après fait apparaître 11,83€ qui se rajoutent au solde restant de 656€ !! Double crise de nerf.

Je regarde les factures, les retourne dans tous les sens : les dates, les index, les estimations, les périodes et OH !!! une hallucination.... m'aperçoit que les dernières factures, objet des crises de nerf, sont établies avec un numéro de compteur qui n'est pas celui de la famille et ne correspond en rien aux factures précédentes.

Contact téléphonique EDFavec haut-parleur (toujours): voulons d'abord comprendre la facture de 656€. L'écoutante parle de celle de 11,83€. Nous insistons pour revenir sur celle de 656€. Elle avoue ne rien comprendre à l'estimation. Nous ajoutons alors à son incompréhension le numéro de compteur qui n'est pas celui des précédentes factures. Alors là...: "Nous sommes en train de changer de logiciel informatique. Il va falloir que je retravaille sur le dossier, je bloque toutes les relances/courriers à la famille et je vous rappelle ...dans 20 jours".

Surtout Monsieur ne payez pas.

 

EDF mais surtout GDF établissent des factures incompréhensibles pour les gens: 1 fois, 2 fois par an ou tous les deux mois, estimation, relevé ou mensualisation. Quand ils sont contactés souvent les écoutants sont incapables d'expliquer clairement le calcul entre les avances faites par les familles et leur régularisation. Les erreurs sont monnaies courantes (j'ai d'autres situations en tête avec des régularisations annuelles de 1500€ à 2500€). Mais pour quelques erreurs de dénoncer, combien passent à la trappe, à combien cela se chiffre. Chez leur concurrence, le vol est manifeste : mensonge et harcèlement pour entrer chez les habitants des quartiers et leur faire signer de nouveaux contrats quasiment sous la contrainte.

La CAF et la CPAM nous saoulent avec leur politique de lutte contre les 0,0000% de "fraudeurs" mais quand il s'agit d'aborder leur fraude à eux - ils se remboursent automatiquement des sommes qu'eux mêmes ont mal calculé- c'est le pot de terre contre le pot de fer.

D'autres institutions pratiquent de la même manière en rendant d'abord et avant tout les choses le moins compréhensible possible.

Pour les "usagers", il y a effectivement de quoi devenir fou. A la défaveur de Monsieur, le cumul de toutes ces erreurs représentent bien plus qu'un mois de revenus.

 

Mais les institutions oublient que les gens réagissent. Monsieur m'explique qu'avec ses voisins du quartier (grande cité du 9-3), ils se sont réunis pour désigner une délégation et se rendre chez leur nouveau bailleur social (qui a récupéré 616 logements gérés précédemment par un autre bailleur) afin de dénoncer la régularisation générale des charges locatives. Celui-ci a envoyé à chacun des locataires une lettre en recommandé réclamant les sommes dues mais sans aucun tableau ni détail de la répartition des charges et des provisions déjà réglées par les locataires comme le prévoit la loi.

 

A la fin de l'entretien, Monsieur me dit que je ne sais pas à quel point il se sent soulagé. Sur le moment, je ne voyais pas en quoi avec toute cette connerie ambiante. En rentrant chez moi, j'ai pensé avoir compris que quelqu'un l'avait cru et que cela valait tous les antidépresseurs du monde. Mais je lui redemanderai ...

 

  Libellule

Publié dans Billets d'humeur

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