Comme un air de révolution...!

Publié le par rageas93

RECIT D’UN BILAN DU SERVICE SOCIAL DEPARTEMENTAL
PEU ORDINAIRE…


Comme chaque année, les 544 agents du service social (des 32 circonscriptions de service social, de
l’équipe de soutien, et des services sociaux spécialisés ADPA, Logement, Errance) furent conviés à
fermer les services pour assister au bilan d’activité, ou - langage managérial oblige - au rapport
annuel de performance, ce mardi 21 septembre 2010.


Il se déroula à la bourse du travail de Bobigny (bâtiment où s’organisent les travailleurs pour la
défense de leurs intérêts et se préparent les actions collectives faut-il le rappeler…).


Après un discours introductif de la Directrice de la DPAS et de la Chef de service du SSD, il fut
proposé aux agents qui auraient des questions ou des remarques, de prendre la parole, avant de leur
exposer données chiffrées et analyse de l’activité 2009.


Il était à peine 9h45 quand Sylvie, assistante sociale, prit la parole. Elle se leva et commença à lire une
lettre que plusieurs d’entre nous avions rédigée il y a plusieurs mois de cela et proposée en Assemblée
Générale des assistants sociaux. Adressée au VP du Conseil générale le 31 mai 2010 via les syndicats
FSU et SUD, elle signalait :


- un état des lieux non exhaustif du manque de moyens, des difficultés rencontrées…
- les solutions proposées jusqu’à présent par la direction qui sont insatisfaisantes
- nos revendications (temps de réflexion partagé pour les AS, moyens supplémentaires en terme
de postes, intervention du CG auprès de divers organismes comme la CAF dont les difficultés
se répercutent sur les usagers, préservation du CLICOSS…).


Dès les premiers mots prononcés, une banderole fut déployée au fond de la salle, sur laquelle on
pouvait lire :


MARDI 21 SEPTEMBRE 2010 A 9H
ENTERREMENT DU SERVICE SOCIAL

Bilan du 21 09 10 (4)
Pratiquement tous les agents se levèrent spontanément, plusieurs tenant des affiches exprimant divers
slogans comme : « CLICOSS en péril », « des postes sinon on va crever », « Où est le sens du travail
social ? », « statistiques, refusons le quantitatif, exigeons le qualitatif », « familles à la rue,
assistantes sociales toutes nues »…
Sylvie fut acclamée sans relâche, de même que Marie-France, Elsebeth et Katia, qui lurent chacune un
paragraphe de cette lettre.


Face à cet enthousiasme quasi unanime, la Direction proposa d’interrompre la présentation du bilan et
de nous laisser quelques minutes pour que nous décidions des suites à donner. Avant cette
interruption, quelques responsables prirent la parole pour dire qu’elles soutenaient nos revendications
liées aux manques de moyens et de postes, d’autres ont souligné la nécessité de ne pas s’opposer les
uns aux autres.
Pendant la pause, nous avons pu voir les visages enchantés des unes et des autres.


Une fois de retour dans la salle, la Direction nous informa que le Directeur Général Adjoint qui devait
initialement venir conclure le bilan à midi, viendrait un peu plus tôt, et qu’en attendant son arrivée,
elle choisissait de quitter la réunion pour laisser assistants sociaux, secrétaires, écrivains administratifs
et responsables de circonscriptions discuter « entre soi ».
Quelques uns d’entre nous exprimèrent le souhait de voir les membres du collectif de direction rester
au débat parce que ce que nous avions à dire les concernaient tout autant.


Une première intervention entraînant la réaction d’une collègue et ainsi de suite, personne ne quitta la
salle.
Notre version du bilan s’est donc poursuivie avec des prises de parole dénonçant les méfaits des
directives affectant le service social qui ont reçu l’approbation de l’assemblée très enthousiaste.
Nous avons réservé au D.G.A un accueil  tout aussi « chaleureux » , nos « affiches
revendicatives » et notre banderole exhibées avec fierté.


Là encore, nous avons été nombreux à intervenir sur :
- notre manque de moyens rendant difficile l’exercice de nos missions,
- des choix budgétaires que nous ne comprenons pas (nouveau logo du CG, suppression du
CLICOSS et de l’un des deux postes d’AS du service du personnel…),
- l’intervention nécessaire du président du conseil général auprès du préfet, que ce soit pour
dénoncer l’accueil réservé aux étrangers, ou exiger l’application de la loi de réquisition
des logements vides, qui participerait à soulager les finances du SDAF,
- les difficultés avec les organismes tels que la CAF ou l’assèchement des fonds des
dispositifs du Service Des Aides Financières ou du FSL…
Face aux réponses du DGA et des contraintes budgétaires mises en avant, une collègue a
rétorqué qu’elle n’était pas comptable mais assistante sociale !


La seule concession avancée par la direction fut d’associer les assistants sociaux aux réunions de
préparation des rencontres avec la CAF et la CPAM, sans préciser concrètement comment nous
serions sollicités.


Ce moment a été fort parce que la parole s’est libérée, que la frustration d’années de bilan d’activité sans réelle parole des principaux concernés s’est envolée. Comme si par notre mouvement, le rapport de force ainsi obtenu nous avait donné toute légitimité à dire les choses sans auto-censure mais avec conviction !
Ce « grain de sable » doit être le prémisse d’une mobilisation générale pour défendre notre travail et faire aboutir nos revendications.


Le 21 septembre 2010

 

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