Boycott des statistiques annuelles

Publié le par rageas93

 

BOYCOTT DES STATISTIQUES

Nous refusons le quantitatif 

Nous exigeons du qualitatif

 

  24 11 2010                                                                                                                                

16 circonscriptions de service social sur 32 ont décidé de boycotter les stats, d’autres vont suivre, sachant qu’on nous demande en plus cette année le nom des ménages, leur composition familiale, leur nationalité, s’ils sont agents du CG, le nom de l’AS…même les 10 CSS qui utilisent COSMOS ne sont pas épargnées puisque nous devrons saisir manuellement 7 questions !

 

                   Les stats, reflètent-elles réellement notre activité ?


Se déclinant en problématiques et interventions, elles quantifient les problèmes pour lesquels les usagers viennent au service social et les actes administratifs et/ou dispositifs que nous réalisons tout en occultant une grande partie de notre activité !

La relation de confiance, qui ne se construit pas en un entretien, ne peut se traduire en cochant une case « écoute-soutien+++ ». (D’ailleurs, qu’est-ce que les prescripteurs de cette grille entendent par cet item ?).

Notre profession exige de repérer le problème social, la demande, d’analyser  la situation, de formuler des hypothèses… Ce travail d’évaluation approfondi,  inhérent à notre métier, nécessite un temps de réflexion, après les entretiens.

Au-delà de la relation de confiance, il y a tout un travail pendant ces entretiens pour mobiliser les usagers, expliquer les dispositifs…

Il y a aussi les échanges téléphoniques avec l’usager lui-même ou avec les partenaires, les échanges avec nos responsables, nos collègues et la rédaction de rapports, de comptes-rendus d’entretien.

Enfin, nous devons régulièrement actualiser nos connaissances (veille sociale) afin de répondre à l’une de nos missions qui est l’accès aux droits.

 

                   Mais alors, à quoi servent les stats ???


Sources d’interprétations et réductrices, elles ne rendent pas compte de la réalité de notre activité, du désengagement des partenaires qui a un impact sur les usagers et sur notre charge de travail.

Elles ne permettent pas de connaître le résultat des actions menées et masquent les restrictions budgétaires (FAG, FSL…).

Ces stats, qui ne quantifient qu’une part de l’activité, au détriment de la qualité, ne vont-elles pas être utilisées pour un redéploiement des postes ?

Ne risquent-elles pas de servir de comparatif entre les circonscriptions sociales de secteur et les services sociaux spécialisés, entre les CSS elles-mêmes et entre les AS, générant une mise en concurrence ?

Ne risquons-nous pas une instrumentalisation pour des objectifs que ne répondent pas au travail social ?

S’agit-il de résumer notre métier à de l'administratif ?

Notre principale mission concerne l'autonomie et la protection des personnes les plus vulnérabilisées, les dispositifs mis en place sont uniquement des outils pour tenter de répondre à cette mission. L'évaluation de notre activité et de l’ensemble de nos missions est plus difficile à mesurer que le nombre de dispositifs utilisés, et pourtant il s'agit là de l'essence même de notre travail.

 

EXIGEONS qu’une réflexion soit portée sur les stats du service social, impliquant l’ensemble des agents du SSD.


REAPPROPRIONS-NOUS le bilan d’activité[1], qui ne peut en aucun cas s’appeler RAP (rapport annuel de performance), en décidant ensemble de ce qu’on souhaite y voir figurer : données quantitatives en lien avec une analyse de nos missions, et les moyens pour y répondre, les difficultés rencontrées….

Nous pourrions également rapporter des témoignages sur des accompagnements engagés depuis des mois, voire des années, pour illustrer notre métier.

 

Vive l’humanité, fini les petites croix !



Art. 21 du Code de déontologie de l’ANAS – L’Assistant de Service Social  rend compte régulièrement de son activité aux responsables de son organisme employeur. Il le fait dans la forme la mieux adaptée au contexte dans lequel il s’insère, et dans les limites compatibles avec le secret professionnel et les objectifs généraux de sa profession. [1]

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